La transformation des fruits, comment aborder le sujet, et comment participer de l’intérieur à ce marché toujours en développement ?

Voici quelques réflexions et pistes à creuser, ce document n’apportera sans doute pas les solutions miracles, il est là pour éveiller.

Introduction

Les chiffres de la consommation mondiale de fruits sont sans équivoque et révèlent qu’un peu plus de 50% de leur utilisation par l’homme se fait sous forme de produits transformés …

Difficile à intégrer lorsque l’on est arboriculteur et producteur de pomme dans le Sud de la France, les statistiques  interprofessionnelles pouvant démonter une utilisation industrielle bien plus basse (écart de triage uniquement)

Sans aller bien loin de chez nous, en Europe du nord, même sur la pomme n’échappe pas à cette règle… (jus de fruits et jus de fruits concentrés surtout)

L’hyper spécialisation pour la vente en frais de nos productions de fruits dans notre région ont longtemps oublié d’intégrer dans nos vergers la place que le fruit moins beau, ou le verger moins performant pouvait être mené sous cahier des charges « transformation »

Les consommations évoluent, au gré de la concentration des populations vers les villes, au gré des modes et des styles de vie…mais le fruit reste une valeur sûre chez tous les consommateurs et font chaque fois référence à la santé et au bienêtre.

Nous devons nous arboriculteur regarder de plus près à la fois à la transformation de nos matières premières mais aussi sur le produit final que va consommer nos concitoyens, et même si nous avons déjà des structures que nous avons intégrées pour faciliter les flux, il faut avouer que nous n’avons pas souvent penser aller plus loin dans la filière.

Pourquoi s’intéresser au devenir de nos produits ?

Pour comprendre nous aussi ou va la consommation, pour anticiper nos choix structurels (orientations variétales ou de lutte des parasites, concepts environnementaux…)

Mais aussi pour participer à l’élaboration de la chaine de valeur des produits et des marchés (ce qui se fait pour le bio depuis un an, ou sur des marchés comme « c’est qui le patron »)

Comment faire ?

Pas simple à vrai dire, les marchés et les lobbying étant déjà bien encrés… et peu enclin à nous laisser trop de place…
Pas facile aussi parce que les investissements sont très lourds et longs pour créer soit même sa marque, ses marchés et ses outils…

Pourquoi s’intéresser de plus prêt à la filière transformation de nos fruits ?

Parce que connaitre et intégrer tous les aspects d’une filière nous permet une meilleure anticipation, une meilleure organisation et donc une meilleure valorisation.

De son histoire, FELPI a une implication forte dans la filière transfo et bien sûr une très bonne relation et logistique avec les gros opérateurs de l’industrie de la compote et du jus de fruits. Cependant ces relations restent tout de même sujettes à la fluctuation du marché général puisqu’elle n’a pas de leviers de contrôle de sa valorisation (contrat à court terme basé sur une mercuriale « à minima »).

Une plus forte implication avec l’aval (liaison avec des marques ou intérêts capitalistiques) pourrait être des facteurs permettant une vision à plus long terme et une possibilité de gérer autrement les orientations des vergers et des récoltes… une avancée significative se développe avec les industriels en place via FELPI.

Quelques pistes :

  • Celle utilisée depuis plusieurs années chez FELPI en partenariat avec un important industriel Français, même si le rôle du producteur de fruit reste restreint dans la chaine de valeur et les décisions (on attend de voir ce que fait et décide l’industriel…)
  • Pénétration du marché « bio » qui laisse encore quelques temps des portes ouvertes à la proposition de programme VENANT de la production.
  • Prise de participation dans des programmes que des distributeurs montent eux-mêmes, et qui pourraient nous mettre à égal avec les transformateurs qui ont les outils.
  • Co-CREER avec des industriels « intermédiaires » qui nous permettrait de travailler à DEUX le marché